Elle représente les fluctuations, à la hausse comme à la baisse, du cours d’une action : plus le cours de l’action est chahuté, plus sa volatilité sera élevée. Autrement dit, il est plus probable qu’une action atteigne de hautes ou de faibles valeurs en période de forte volatilité que lorsque la volatilité est faible.

En savoir plus sur la volatilité

La volatilité intervient directement dans la valorisation des instruments IFRS 2, sauf pour les AGA dont l’attribution n’est pas adossée à des critères externes. D’une façon générale, la juste valeur augmente avec la volatilité : l’estimation du paramètre est donc fondamentale pour éviter d’augmenter artificiellement le coût d’un plan IFRS 2.

La norme autorise trois approches pour déterminer la volatilité à utiliser, qui dépend en fait du type de la société émettrice du plan : une estimation de la volatilité historique ou l’utilisation de volatilités implicites pour les sociétés cotées, et une approche par comparables pour les sociétés non cotées.

Pour les sociétés pour lesquelles il existe des cotations d’options, le marché décrit les prix de ces options à partir d’un modèle de pricing standard faisant intervenir plusieurs paramètres, dont la volatilité : la volatilité implicite est la valeur du paramètre de volatilité à insérer dans ce modèle afin de retrouver le prix de l’option observé sur le marché. Dès lors, utiliser la volatilité implicite s’inscrit pleinement dans une valorisation « de marché ». Néanmoins, cette approche souffre d’au moins deux écueils : le premier est que la volatilité implicite n’est pas toujours disponible puisqu’il n’existe pas de cotations d’options pour toutes les sociétés cotées ; le deuxième provient de l’esprit même de la norme puisque d’un côté, la norme indique que la juste valeur est calculée à la date d’attribution des instruments puis n’est plus modifiée dans le temps. D’autre part, la juste valeur reflète l’état du marché financier à la date de valorisation. Ainsi, fixer pour une période relativement longue la juste valeur qui dépend des conditions de marché exactement à la date d’attribution peut paraître contradictoire, ou du moins incohérent. L’approche par volatilité implicite n’est toutefois pas à rejeter systématiquement puisqu’elle présente deux avantages précieux dans la communication et la justification : elle est directement accessible à tous les acteurs et donc totalement transparente et sa valeur ne contient aucun caractère arbitraire. Aussi, lorsque certaines entités doivent valoriser plusieurs instruments en juste valeur au-delà de la norme IFRS 2, il est probable que la volatilité implicite soit retenue pour maintenir une cohérence entre les approches mises en place par ailleurs.

Pour apporter une alternative à la volatilité implicite, la norme propose une approche basée sur la volatilité historique. Dans les modèles de projections usuels l’utilisant, la volatilité historique s’obtient à partir des log-rendements des cours observés sur un historique au moins aussi profond que la durée de projection : par exemple pour une option dont la maturité serait de 3 ans, l’historique des cours doit, autant que possible, remonter à trois ans au moins. Jusqu’à cette étape, la volatilité historique présente un inconvénient similaire à la volatilité implicite : sa valeur dépend directement de l’état du marché sur l’historique retenu. Par exemple, si la période servant à l’estimation intègre une phase de fluctuation anormale (crise, événement spécial lié à la société…), la volatilité retenue pour la projection sera construite à partir de ces éléments extraordinaires. Pour éviter de biaiser l’estimation, la norme autorise de retraiter la volatilité en retirant une période à forte volatilité dont la survenance est exceptionnelle : dès lors la volatilité retenue peut s’apparenter à une volatilité « en régime de croisière ». Toutefois, gardons à l’esprit que la neutralisation d’une période d’estimation doit faire l’objet d’une justification fondée et détaillée.

Le cas des sociétés non cotées est plus délicat : par définition, il n’existe ni historique de cotation, ni volatilité implicite. La norme indique dans ce cas que la volatilité correspond à la moyenne des volatilités d’un panel de sociétés comparables pour lesquelles il existerait de l’information à propos de la volatilité. Notons que la prise en compte d’un panel peut entraîner des retraitements particuliers, dépendant par exemple du niveau d’endettement de chaque société.