La norme IFRS 2 indique que la juste valeur correspond au « montant pour lequel un actif pourrait être échangé, un passif éteint, ou un instrument de capitaux propres attribué entre des parties bien informées et consentantes dans le cadre d’une transaction effectuée dans des conditions de concurrence normale ». Par exemple, la juste valeur d’une action ne versant pas de dividende ayant une cotation sur un marché correspond au prix à laquelle elle s’échange. La détermination de la juste valeur d’instruments non cotés est plus délicate. Quoi qu’il en soit, la détermination de la juste valeur implique une modélisation des flux sous la probabilité risque neutre.

Quel que soit l’instrument à valoriser, la norme indique clairement que la juste valeur n’est calculée qu’à la date d’attribution, puis qu’il n’est plus possible de la modifier par la suite, sauf cas exceptionnels et marginaux. En revanche, lorsque l’attribution d’un instrument IFRS 2 est subordonnée à des critères internes, ceux-ci ne font pas partie de la juste valeur et leurs probabilités de réalisation doivent être mises à jour.

En savoir plus sur la juste valeur

D’une certaine façon, la norme IFRS 2 implique un cadre de valorisation « market consistent », c’est-à-dire cohérent avec l’environnement de marché à date. L’esprit de la norme est bien de postuler que la juste valeur doit correspondre au prix auquel pourrait s’échanger le titre à valoriser sur les marchés financiers. Par conséquent, la détermination de la juste valeur d’un instrument IFRS 2 adossé à une société cotée ne pose pas de problème particulier : il suffit de se placer dans l’environnement de marché déjà existant. Ceci n’empêche pas les difficultés relatives à certaines manipulations de calcul stochastique, de modélisation des différents flux ou liées aux spécificités des techniques numériques à mettre en œuvre, mais globalement, l’environnement de marché encadre très largement les paramètres à utiliser.

Dans le cas d’une société non cotée, la détermination de la juste valeur peut s’avérer plus complexe. D’abord, il n’existe pas de prix observables, ou plus précisément la fréquence d’observabilité des prix et l’illiquidité des titres rendent caduques les modèles optionnels usuels de type Black et Scholes.

Lorsqu’il n’existe pas de hiérarchie entre les titres de capitaux propres, il est possible de modéliser directement le cours de l’action à laquelle sont adossés les instruments IFRS 2. Par exemple, une approche par modèles à sauts pourra être privilégiée face aux modèles dits log-normaux. Si la calibration de ces modèles induit une incertitude trop forte, alors les modèles usuels demeurent de bonnes alternatives.

En particulier lorsqu’il existe une hiérarchie entre les instruments de capitaux propres de la société, il est délicat de modéliser directement les fluctuations des prix de l’action à laquelle est adossée l’instrument IFRS 2. Une des façons d’opérer est alors la suivante : usuellement, les instruments IFRS 2 voient le jour à la suite d’une augmentation de capital où le prix d’une des classes d’actifs est connu (par exemple lors d’un nouveau tour de table, les investisseurs achètent des actions Series A à un prix connu). À partir de ce prix, il est possible, via une analyse Waterfall et un modèle de projection de la valeur de société, de déterminer les paramètres relatifs à la valorisation tels que la juste valeur de la classe d’action concernée par l’augmentation de capital soit celle effectivement payée. De cette façon, les justes valeurs de toutes les autres classes d’actifs – y compris les éventuelles options – sont accessibles. Notons enfin que la valorisation de titres non cotés fait parfois intervenir une décote d’illiquidité.