Critères externes
Définitions associées
Dans la même optique que les critères internes, la société émettrice d’un plan IFRS 2 peut choisir de subordonner l’attribution des instruments à des conditions faisant intervenir d’autres acteurs qu’elle-même. Bien souvent, ces conditions prennent la forme de conditions de performance par rapport à une ou plusieurs sociétés comparables, à un indice boursier du secteur d’activité ou du marché dans lequel elle évolue… Dès que les critères externes sont adossés à la performance de l’action de la société émettrice du plan IFRS 2, ils impactent directement la juste valeur des instruments ; leurs probabilités de réalisation peuvent être obtenues lors du calcul de la juste valeur à la date d’attribution mais elles ne seront pas mises à jour dans le futur.
En savoir plus sur les critères externes
L’ajout de conditions spécifiques augmente la difficulté d’accès à des formules fermées des justes valeurs, justifiant ainsi l’utilisation de méthodes numériques comme celle de Monte Carlo. Néanmoins, il convient de garder à l’esprit que le calcul relatif aux critères externes ne peut se faire de façon indépendante à celui relatif à l’instrument IFRS 2. Pour éclaircir le propos, prenons l’exemple suivant : considérons une société qui attribue une action gratuite (action A) si son cours à un an dépasse celui de l’action d’une société comparable (action B) au même horizon. Supposons que dans un an, l’action A vaille 15 € dans 50% des cas et 5 € sinon. De l’autre côté, supposons que l’action B vaille 26 € dans un cas sur trois et 2 € dans deux cas sur trois. Sans dividendes et en considérant un taux d’actualisation nul, les justes valeurs de ces deux actions sont de 10 € à la date d’attribution.
Il pourrait être tentant de dire que la juste valeur de cet instrument est égale au produit de la juste valeur de l’action, multipliée par la probabilité d’atteinte de la condition de performance, soit 10 € (juste valeur de l’action A) × (50% × 2/3 + 50% × 2/3) = 3,33 € (puisque le cours de l’action A dépasse celui de l’action B si l’action A vaut 15 € et l’action B 2 €, ou si l’action A vaut 5 € et l’action B 2 €).
En réalité, l’entreprise émettrice ne donnera une action que si la performance de l’action A est suffisamment forte : le prix de l’action A à donner n’est donc pas la juste valeur usuelle mais tient compte des valeurs prises au-delà du seuil de performance. En effet, la juste valeur de l’instrument est plutôt 15 € × 50% × 66% (cas où l’action A vaut 15 € et l’action B 2 €) + 5 € × 50% × 66% (cas où l’action A vaut 5 € et l’action B 2 €) = 6,66 €, soit le double du prix précédent…
En termes probabilistes, dans notre exemple il n’y a pas indépendance entre « valeur de l’action gratuite » et « atteinte de l’objectif de performance ».
Plus largement, puisque les critères externes boursiers rentrent dans le calcul de la juste valeur, leur modélisation doit se faire dans le cadre risque neutre : il faudra alors prendre garde à considérer un environnement de calcul cohérent entre tous les facteurs à modéliser, notamment dans les cas faisant intervenir des sociétés cotées en devises étrangères…